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Skrew, metal indus des Usa

- BACK TO MECHANIZE YOUR WOUNDS -

Interview de Skrew - décembre 2010
 

        
        


 
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1. Salut ! Ca fait longtemps qu’on a pas entendu parler de SKREW, et c’est assez excitant de voir que vous êtes de retours… Que s’est-il passé dans le monde de SKREW dernièrement ? De bonnes choses à annoncer aux lecteurs ?

Ouai, SKREW a clairement été en hiatus pour un moment. J’ai passé les dernières années dans des choses très variées comme faire des études à l’université, bosser dans le cinéma ou sur plusieurs projets musicaux… Récemment c’est devenu nécessaire de poursuivre la tache de SKREW. J’ai passé une année entière à construire le meilleur line up possible pour SKREW. Les gens qui sont maintenant impliqués dans le groupe sont tous concentrés sur les mêmes idées que moi, c’est plus une équipe que ça ne l’a jamais été. Bien que j’ai bossé avec des gens vraiment exceptionnels dans le passé, c’était souvent moi accompagné d’un ou deux gars motivés et de plusieurs suiveurs de mode…

 

2. Qu’est-ce qu’on fait les musiciens de SKREW les 10 dernières années ? J’ai lu que certains ont joué dans NIN, SKINLAB, PRONG, WHITE ZOMBIE ou MINISTRY (Et la liste pourrait continuer un certain temps avec Metal-archives)… Mais pourrais-tu écarter les rumeurs, contributions pas si importantes et souligner ce qui le mérite vraiment ? Combien de musiciens du vieux SKREW font partie du groupe à présent ? Cela serait important de rassembler d’anciennes énergies, ou SKREW est-il toujours en quelques sortes le projet d’Adam Grossman ?

Hahaaaa, ouai, c’est une question marrante. Un mec avec qui j’ai bossé pendant un moment est parti avec NIN, et un autre qui avait tenu la guitare en concert a rejoint Skinlab, et un mec appelé Kyle Sanders (Mec vraiment cool et super musicien) a joué dans un groupe appelé Blood simple et a maintenant un projet appelé Montsro, mais personne n'ayant fait partie de SKREW n’a jamais joué dans White Zombie ou Prong. J’ai moi-même passé un peu de temps avec Ministry. Le truc marrant, c’est qu’au fil des années tous types de gars ont dit avoir joué dans SKREW. J’ai pas mal carburé aux drogues et à la boisson pendant un moment, mais je suis quasiment sur de me souvenir tous ceux ayant joué dans mon groupe. Je pense que parfois les gens aimeraient penser qu’ils ont fait quelque chose d’important de leurs vies, ou peut être qu’ils veulent juste se taper des meufs, je ne sais pas. Je ne trouve pas de bonne raison de dire que tu as fait quelque chose alors que ce n’est pas le cas, je trouve vraiment que c’est assez triste.

 

3. Les nouveaux morceaux que tu m’as envoyés sont intéressants… Ils montrent que tu n’es pas resté enfermé dans le passé ces dix dernières années, on peut entendre des influences venant du métal extrême et d’autres choses futuristes plus actuelles… Quels styles de musique t’ont botté des dernières années ? Ce fut facile de composer à nouveau du métal industriel après toutes ces années ? Ce fut simple de rester centré et de ne pas laisser couler toutes influences dans tes compositions ?

Content d’entendre que tu trouves les nouveaux morceaux intéressants. Ouai, ce truc de vivre dans le passé n’est pas pour moi du tout, je n’ai jamais été comme ça. Je trouve ça ennuyeux. Bien sur cette idée de toujours aller de l’avant m’a également desservi, la plupart des labels n’aiment pas ça… Ils aiment reproduire ce qui a du succès et qui remplis leurs poches avec des lingots d’or, ce qui est assez juste comme c’est un business… Mais je trouve que l’idée de l’art contrôlé par l’argent est ennuyeuse et dangereuse dans le sens ou elle permettrait à la médiocrité de dominer.
J’ai toujours écouté de la musique extrême, que ce soit du métal, du hardcore, de l’électronique ou de l’expérimental. J’aime de nombreux styles de musique différents, je n’en aime pas un et un seul en particulier… J’ai des goûts assez particuliers.
Je ne me suis jamais vraiment posé dans le but d’écrire quelque chose en me disant “ Je vais écrire du métal industriel ”, je compose juste ce que je sens au fond de moi. J’utilise l’électronique ou les samples car ils sont comme des couleur en plus sur la palette et permettent de peindre une image plus complète.
Je veux dire vraiment, véritablement, ce que je considère comme de l’industriel n’est pas ce que la plupart entendent par ce terme… Des choses comme Einsturzende Neubauten, Throbbing Gristle, ça c’était industriel. Maintenant l’industriel est plus une histoire de mode que de contenu, les ados peuvent aller en grande surface et l’acheter.
J’aime la façon dont tu as posé la dernière partie de la question. La raison est que quand je compose, ça coule de l’intérieur mais d’une façon très concentrée et ciblée. C’est comme entrer dans un état de transe qui ne serait pas si passif. Je laisse couler la colère, la haine et le d’égout d’une façon très concentrée et contrôlée. C’est la recette. Je veux dire que bien sur ce qui en fait du SKREW est que ça vient de mon corps, d’autres gens pourraient essayer de le répliquer; et ça pourrait même être super, mais ce n’est pas SKREW si ça n’est pas enfanté de mon âme. Tu vois ce que je veux dire ? ;-)



 

4. Heureusement ces nouveaux morceaux ne sonnent pas de façon trop moderne ou plastique, et gardent toujours quelque chose d’assez “ old school ”… Un morceau comme “ Riot! ” a un côté sauvage proche du vieux rock industriel et une intensité sociopathe hantée… Un morceau comme “ Rise ! ” a un feeling dépressif proche des vieux GODFLESH/ PITCH SHIFTER avec des touches de MINISTRY… Que peut on attendre de vos prochaines atrocités auditives ? J’ai eu la chance de pouvoir entendre 3 morceaux prometteurs, mais qu’en est-il du reste ? Pourrais-tu décrire la saveur du contenu auditif ?

Ouai, alors… Ce qu’on compose en ce moment est vraiment centré sur les concepts qui étaient si importants pour moi au début. Tu vois, l’idée d’être comme en esclavage ne me convient pas bien. Dans le pays ou je vis, les états unis, on voit que la totalité de notre vie est censée servir les 1 ou 2 pour-cent de gens les plus riches. Un système de gouvernement qui était à la base censé représenter le peuple, représente maintenant d’abord et avant tout les intérêts des grosses entreprises.  
Les politiciens que nous élisons nous mentent, ils jouent avec les mots et les concepts afin que ça ait l’air de fonctionner à nos yeux, mais si tu prends juste un peu de temps et essaies de faire un peu de recherches, si tu t’arrêtes et pense à ce qui se passe, à ce qu’ils racontent… Ca n’a pas de sens. Si tu en sors la tête pendant un moment et que tu réfléchis, alors tout devient clair. Et ce n’est pas un tableau réjouissant. Le parti de droite dans ce pays ne se préoccupe pas du futur, ce sont des porcs qui veulent juste se remplir les poches sur le compte du reste du pays et malheureusement il y a ici un gros pourcentage de gens qui sont extrêmement ignorants et prêts à baser leurs croyances sur la couleur d’un drapeau, ou peut-être sur un dieu qu’ils ont bêtement choisi de suivre. Je trouve ça si impressionnant que des gens apparemment intelligents choisissent de croire à des fables pour enfants. Ils vivent leurs vies et choisissent même de mourir pour ces croyances qui ne sont si évidemment que des moyens de les contrôler.
Je ne saurais pas vraiment comment décrire les morceaux que nous écrivons. Plastique? Moderne? Je ne saurais pas quoi dire. Je pourrais juste dire qu’ils seront honnêtes. Je pense que les nouveaux morceaux sont probablement les plus puissants que SKREW n’ai jamais fait et ça me plaît vraiment de les jouer en concert.

 

5. Combien de morceaux avez-vous en stock ? Y en a-t-il assez pour une démo, un mini CD ou peut être un album ? Vos albums passés étaient tous sortis sur Metal blade records… Et pour la suite ? Etes-vous encore liés d’une façon ou d’une autre, ou peut être que vous avez reçu des offres sympas d’autres labels ?

A ce jour nous avons assez de morceaux pour deux albums, mais je préfère vraiment utiliser seulement les meilleurs d’entre eux. On a toujours fait comme ça, écrire plus de morceaux que nécessaire et n’utiliser que les meilleurs pour l’album. Il existe tellement de morceaux de SKREW qui ne verront jamais le jour, mais ça me va… Donc oui, on va d’abord sortir une démo qu’on enverra aux labels etc. Nous ne sommes plus connectés à Metal blade, ce contrat s’est terminé avec le dernier disque de SKREW. On a reçu plusieurs offres de labels avant même qu’ils aient entendu un seul des nouveaux morceaux, des offres basées sur le fait qu’on ait vendu beaucoup de disques précédemment. Mais je ne pense pas qu’il y ait un besoin de se précipiter, la bonne situation s’imposera d’elle-même. J’ai passé beaucoup de temps avec un label qui n’a jamais vraiment totalement compris ou soutenu ce qu’on faisait… Ceci dit, je devrais ajouter que l’équipe de ce label était super et avait vraiment bossé dur, même s’ils avaient une main attaché derrière leur dos.

 

6. Ou te situerais-tu dans la guerre opposant l’analogue et le digital qui est menée par certains groupe d’éléctro industriel ? Aimes-tu quand la musique est bâtie avec des ordinateurs ou préfères-tu quand elle est totalement faite avec des claviers ?
As-tu une préférence pour les sons analogues, peut être que le mérite de choisir une voix plus difficile a une importance ?

Très bonne question. Je n’adhère vraiment pas à un choix plutôt qu’à l’autre. Je pense que tout dépend du but que tu as en tête, je pense que ça dépend de la musique.
Personnellement, nous utilisons à la fois des aspects analogues et digitaux dans chaque morceaux, j’aime la façon dont les deux peuvent apporter quelque chose et se compléter dans le spectre sonore.
De nos jours, un album peut être enregistré et mixé sur un ordinateur d’une façon beaucoup plus simple que dans un studio… Cela veut-il dire que c’est toujours la meilleure voix à choisir ? Je ne sais pas.
J’adore bosser en studio et utiliser pas mal de matériel, le problème est que ça coûte cher, d’autant plus en ces temps pas très joyeux niveau économie je me demande s’il n’y a pas de meilleures façons d’investir son argent…
Une chose est sure, je ne sacrifierais jamais le résultat final pour des raisons financières, mais une fois de plus je ne pense pas que ça devrait encore être un sujet de préoccupation. Je pense qu’adopter la voix difficile est presque toujours le bon choix. Les raccourcis servent à rendre les choses plus faciles, mais le facile n’est pas souvent le meilleur.
 


 

7. Dans le passé comment programmais-tu les parties électroniques, et y a-t-il beaucoup de différences en comparaison de ta façon de faire actuelle ? Peut être que tu préfères maintenant utiliser une boite à rythme à la place d’un batteur ? J’ai lu dans une vieille interview que Rhys Fulber de FRONT LINE ASSEMBLY était impressionné par ce que les gens pouvaient produire si facilement avec des logiciels alors que le même résultat lui demandait à une époque tellement d’efforts et de matériel onéreux… (Je n’ai pas voulu dire que les batteurs étaient une grosse source d’efforts ahah)

Ouai, mais en fait les batteurs ont été historiquement une grosse source d’efforts ! ;)
La programmation dans les nouveaux morceaux de SKREW a été faite en partie dans des approches similaires au passé, et en partie dans des nouvelles approches…
Une chose qui nous aide pour les nouveaux morceaux, c'est qu’on a un super batteur qui est motivé à venir en répétitions pour faire le travail nécessaire. Dans le passé, la batterie était souvent programmée par le clavieriste ou par moi-même. Maintenant, on commence avec une idée de base qui est développée par le clavieriste et moi-même, puis une fois que le squelette du morceau est prêt le batteur s’y met et fait pas mal de choses. Parfois les parties de batterie sont complètement refaites, par moments elles resteront assez identiques mais avec des des variations etc… On bosse beaucoup d’une façon collaborative, ce qui est nouveau pour SKREW, mais c’est la première fois qu’on a des gens impliqués et qui soient assez intéressés pour s’y mettre. C’est vraiment super.
Je pense que Rhys a absolument raison quand il dit que la technologie permet de faire des choses de façon beaucoup plus simple qu’il y a des années. Maintenant, tu trouves beaucoup de logiciels commerciaux abordables qui peuvent faire plus de chose que les logiciels et matériels professionnels du passé. Je pense malgés tout que certaines anciennes façon de faire sont meilleurs, mais c’est peut être une préférence personnelle.

 

8. Comme vos quatre albums sont tous un peu différents, lequel sonnerait le plus comme SKREW à ton avis ? Lequel aimes-tu le plus réécouter des années après ?

C’est une bonne question, mais difficile d’y répondre. Je ne saurais pas dire si l’un d’eux sonne plus comme SKREW car je les ai tous faits. Je pense que si quelqu’un les écoutait tous dans un ordre chronologique, alors une sorte de ligne directrice ressortirait, c’est sur. Je pense que c’est parfois intéressant de connaitre les opinions des gens sur ces disques, je veux dire que ce n’est pas quelque chose qui me préoccupe tellement mais à l’occasion je rencontrerais quelqu’un qui veux me dire ce qu’il pense de tel enregistrement, et ça me surprend souvent d’entendre son avis.
Ce qui m’intéresse vraiment est d’avoir l’avis des gens sur les nouveaux morceaux, et quelles comparaisons ils font avec les vieux enregistrements. Je veux dire que je suis le compositeur principal et que mes tics, mes façons de faire en terme de style entrent définitivement en compte dans l’équation. Je ne fais pas partie des gens qui se considèrent comme des musiciens brillants, mais je pense avoir un style très distinct dans mes créations, que ça soit en musique, dans des films, de l’art ou autre…
Sinon pour les albums que j’aime toujours écouter… ? Et bien je ne peux pas vraiment dire que je passe tellement de temps à écouter ce que j’ai fait dans le passé. Je préfère passer mon temps à bosser sur de nouveaux morceaux.

 

9. Un état d’esprit psychédélique et halluciné apparaît souvent dans ta musique, donc je pourrais te demander si c’est totalement naturel, ou si éventuellement quelque chose de “ spécial ” a été fumé ? Penses-tu que ça serait sérieux de jouer du métal industriel ou du dark electro sans aucune influence de drogues ? Ah Ah

Haaaaaaa! Ouai et bien… J’espère que je ne vais pas trop de décevoir, mais je dois dire que le côté surréel de ma musique (Je pense que tu fais référence à ça) est, pour le meilleur et pour le pire, juste une résultante de mes expériences de la vie et de la façon dont je choisis de m’exprimer. Ca pourrait être intéressant d’organiser un jour un concours pour savoir si les gens peuvent deviner lesquels de mes morceaux ont été crées sous l’influence de substances chimiques, et lesquelles… Quand je réécoute ces disques, c’est évident pour moi, mais bien sur j’étais là…
Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’utiliser les drogues pour faire ma musique, en fait, je pense que c’est meilleur d’arriver à atteindre ce qu’il y a au fond sans utiliser une béquille et d’arriver à illustrer de façon honnête ce qu’il y a au plus profond et au plus sombre de mon âme. C’est certainement plus réel et honnête de cette façon.
Ca demande aussi du travail d’y arriver. Du travail et du courage………… 



 

10. Tu serais d’accord pour dire que “ Dusted ” était ton album le plus brûlant, d’un point de vue de l’émotion et de l’atmosphère ? Pourrait-on parler d’un instinct brûlant, et peut être écrasé ? Cet album montre parfaitement combien l’utilisation de samples simples mais très bien placés peut être efficace et carrément tuer, au contraire des groupes éléctros actuels dans le style “ Oh, on est si complexes et prises de tête ” qui ont des problèmes pour arrêter leurs cerveaux et fournir quelque chose d’instinctif… Que leur conseillerais-tu ? La musique sans instinct a-t-elle une valeur ?

Oui, encore une fois excellent point. Je pense que l’album Dusted fut peut être le plus difficile à créer, ce fut une époque très difficile sous différents angles et à mes oreilles il sonne un peu comme inachevé, mais c’est l’impression que me donnent toutes mes créations. Mais je vois ou tu veux en venir, c’est ce que je j’appellerais un des talents ou caractéristiques les plus précieuses. D’abord et avant tout, ça vient des trippes, au contraire du cerveau. Quand j’ai mentionné cet état proche de la transe qui me prend alors que je crée, c’est presque totalement déconnecté d’un processus intellectuel. Je pense que c’est peut être pour ça que des gens peuvent se retrouver dans mes créations, car c’est basé sur une énergie émotionnelle, au contraire de l’énergie intellectuelle. Rien ne me laisse plus froid que des choses vraiment calculées ou “ smart ”. Je n’aime pas ça. Je veux faire l’expérience d’un art qui te fais ressentir quelque chose, je pense que c’est le but de l’art, de faire passer ou de stimuler une réponse émotionnelle.
Mais quand on en arrive au sujet du ‘bon’ art contre le ‘mauvais’ art, c’est bien sur une chose complètement subjective, mon opinion est que si quelqu’un a vraiment quelque chose à dire, alors je peux l’apprécier. Malheureusement il y a tellement de gens dans ce monde qui n’ont rien à dire et essaient juste d’arriver à une sorte de but factuel, d’avoir une activité via la création de disques… Ce n’est pas intéressant du tout pour moi.

 

11. La production de votre album “ Shadow of doubt ” avait mis la batterie et les guitares en avant, alors que les éléments électroniques étaient plus dans le fond, ce qui donnait une approche plus métal et plus puissante à l’ensemble… C’était volontaire comme vous vous sentiez un peu “ fatigués ” avec le côté éléctro, ou ce fut la faute d’un producteur irresponsable ? Au fait, le nom du disque a-t-il un rapport avec le film de Hitchcock ?

Hahahahaha......... Ok, alors peut-être que j’aurais du lire ces questions avant de commencer à répondre. Shadow of doubt a été crée et enregistré durant une période étrange. J’avais eu un accident de voiture assez intense sur l’autoroute, un mec avait traversé la ligne centrale et m’avait percuté sur l’avant alors qu’on roulait tous les deux à plus de 100 km heure. J’étais sous l’effet de médicaments assez intenses et j’ai fini par en abuser pendant un certain moment… Alors l’album Shadow of doubt est assez sombre et influencé par les drogues. Je pense que le titre représente vraiment ou j’en étais dans ma propre vie. C’était une sorte de période malsaine.
Le mix originel du disque était assez différent du rendu final, on en est arrivé à refaire un mix avec un autre producteur, ce qui est toujours assez bizarre car celui qui enregistre un album a toujours certaines choses en tête, et cet enregistrement avait été fait d’une façon très particulière et était destiné à un mix en particulier… Malheureusement le boss du label n’en était pas très content alors on a du refaire un mix de l’ensemble. Ughghg, qu’est-ce que c’était lourd. Je pense que Bill Metoyer a fait quelque chose de vraiment super si on prend en compte ce qu’il avait entre les mains. C’est un mec vraiment super et j’espère bosser avec lui de nouveau un jour. Je crois que l’album qu’on avait initialement fourni à Metal blade était peut être un peu au delà de leur capacité de compréhension de l’époque.
Ouai, il existe un film de Hitchcock avec le même titre mais c’est aussi une expression couramment utilisée en anglais, je l’ai toujours trouvée assez sombre et intéressante, même si tu penses juste aux mots en eux même : Shadow (Ombre), doubt (doute).
Ouai, c’est vraiment représentatif du contenu, et quand j’ai fait la pochette ça a vraiment convergé. Je conçois toujours le projet dans son ensemble, je pense que la plupart des gens ont la même approche, mais… ouai…

 

12. Votre dernier album "Angel Seed XXIII" évoluait vers quelque chose d’assez différent, un peu plus proche des atmosphères des débuts du néo métal (Ou je devrais dire de l’alternatif sombre ?)… Paissais-tu par un passage différent dans ta vie ? Ou peut-être ressentiez-vous le besoin de jouer quelque chose de différent ?

Je n’en ai aucune idée pour le néo metal, je ne sais même pas ce que ça veut dire.
Par contre je sais qu’une des choses qui m’intéressait à l’époque était de simplifier les morceaux, j’étais vraiment branché par l’idée d’une économie d’arrangements à cette époque. J’y crois toujours mais selon une sorte de dosage, de balance… Je pense que le dosage est une clé, absolument. J’ai toujours eu l’intention d’écrire des morceaux qui soient honnêtes et viennent du centre de mon être. Je ne m’arrête pas à un type de formule, donc si j’ai envie d'écrire pour une guitare acoustique, un piano, une cornemuse et du violoncelle, ça marche. Parfois ce genre de choses est plus intéressant à enregistrer car c’est différent de ce à quoi les gens s’attendent.



 

 

13. Dirais-tu que le split de SKREW après l’album de 1997 était du à l’évolution du métal industriel ou c’était plutôt pour des raisons personnelles ? (Une question cachée pourrait être : Penses-tu que le métal industriel aurait pu évoluer d’une façon bien meilleure si l’énorme succès de Marylin Manson n’avait pas eu lieu ?)

J’ai lâché l’affaire avec SKREW en 1998 pour diverses raisons, j’avais besoin d’un gros break pour une chose… Mon intention initiale était de prendre du temps libre et de me concentrer sur d’autres projets qui m’intéressaient. J’ai fait un album avec ce mec, Jurgen de DIE KRUPPS, j’ai fait pas mal de trucs avec un mec appelé Julian Beeston qui était le batteur de NITZER EBB, et alors j’ai fait ce film avec MINISTRY ainsi que la composition de pas mal de musique pour ce film et pour un disque.
Ca a pris pas mal de temps. En plus, j’ai pris du temps libre et j’ai voyagé avec ma copine de l’époque, je n’avais pas pris de vacances depuis 10 ans! J’ai tendance à être un peu un bourreau de travail. Donc je dirais que quand j’ai mis SKREW en pause en 1998, ce n’était pas une réaction à autre chose que mon désir de faire quelque chose de différent et de prendre du temps libre.
Concernant la question cachée : Premièrement, je n’avais pas réalisé que MM était industriel ou métal. Et deuxièmement, je ne suis pas au courant d’une influence de MM autre que d’avoir poussé beaucoup de groupes à s’habiller comme eux.
Il y a toujours un groupe qui vend beaucoup de disques, puis beaucoup d’autres essayant d’avoir du succès font la même chose. C’est arrivé avec Guns and Roses, Nirvana, et NIN aussi.

 

14. La discographie apparemment officielle de SKREW liste quatre albums, mais ne contient rien comme des Eps, MCDs or même des démos… Donc ma question curieuse est : N’y a-t-il eu aucun single, Ep ou MLp du tout ? Après tout vous étiez sur Metal blade et ils auraient pu vendre des exemplaires de ces hors-d'œuvre… Et il n’y a eu aucune démo cassette enregistrée et sortie avant le premier album ? (S’il y en a eu, quel fut le titre?)

Hmmm....... Bien il y a eu une démo qu’on a fait pour les enregistrements originel du disque “ Burning in water ”. Je veux dire qu’on était déjà signés sur Metal blade mais sous le nom Angkor Wat, nom sous lequel on avait déjà sorti deux disques. Je crois que c’est le seul moment ou on ait jamais fait des démos pour SKREW. Sinon il y a eu un single de notre reprise de “ Sympathy for the devil ” qui était sorti sur Devotion records, un autre label avec lequel Metal blade travaillaient. Je me souviens avoir entendu dire que ce single était apparu dans les charts de ventes dance en Grande Bretagne… En fait ça m’embête un peu de ne pas en savoir plus à ce sujet, mais ça ne m’a jamais vraiment intéressé. Je ne suis pas un gros businessman, car pour être honnête je n’en ai rien à foutre de ce côté des choses. J’aime créer et faire des tournées, le reste est tellement chiant mais évidemment nécessaire. Je pense qu’on a aussi été sur une compilation appelée “ Shut up kitty ” sortie au Canada, peut-être, je me souviens en avoir entendu parler. OH ! Et on avait aussi enregistré une reprise de “ I Am the Walrus ” des Beattles qui faisait office de morceau bonus au Japon, c’était très fun car on l’avait vraiment déglingué dans le style typique de SKREW.  Bien sur de nombreux morceaux furent enregistrés pour des disques, mais n’ont pas été utilisés, un qui me vient à l’esprit s’appelle “ Christ crossed ”. Sinon “ Kosmo’s seed ” fut enregistré pour chaque album mais n'a pas été utilisé avant le tout dernier. Si tu laisses le dernier morceau couler et continuer, à environ une minute il y a ce truc déglingué et satanique qu’on a fait très tard un soir… Je pense qu’il était 4 heures du matin et qu’on allait quitter le studio, quand j’ai eu cette idée et on l’a immortalisée en environ 45 minutes.

 

15. Dans le passé tu as joué pendant une petite période avec MINISTRY… Ca devait être sympa de faire partie de cette grosse machine du rock industriel… Pourquoi les as-tu quitté ? Tu préférais te centrer sur tes propres compositions ? Aimerais-tu contribuer à d’autres projets d’Al Jourgensen ou éventuellement remixer certains de ses trucs ? En parlant de remixs est-ce que ça te branches, injecter des mécaniques plus électroniques dans le métal classique ou transformer du pur électronique en quelque chose de plus métallique… ?

Ouai, j’ai fait ce film intitulé “ A.I ” avec Al, puis il m’a demandé de jouer avec eux pour l'année suivante en gros, ce qui incluait de composer pour l’album appelé “ Animositisomina ”. La seule chose que j’ai composée qui s’est retrouvée sur ce disque est le morceau titre. Al est un mec vraiment talentueux et il a toujours été très cool avec moi, j’ai aussi beaucoup appris en travaillant et en sortant avec lui.
J’ai finalement quitté Ministry pour des questions d’emploi du temps. Je pense que durant cette année, tout le monde a quitté le groupe et Al a reformé un line up avec des mecs qui habitaient dans le coin, sur El Paso, puis Paul Raven les a rejoint, puis d’autres comme Mike Scacia ont suivi…
Je ne suis pas un gros fan des remixs, j'en ai fait pour des potes mais ce n’est pas ce qui m’intéresse vraiment. Je préférerais collaborer sur du nouveau matériel, je suis toujours partant pour des collaborations quand le temps libre le permet.



 

16. Que penses-tu de :
-L’apparent retours du format vynil
- Je pense que c’est super et pour être honnête, tout ce qui peut faire sortir l’ordinateur du processus est un pas dans la bonne direction en ce qui me concerne. J’ai des potes qui ont bâti des collections de vynils très impressionnantes ces dernières années, j’ai moi-même une petite collection de vieux albums metal et hardcore que j’écoute depuis que je suis ado… Tous les premiers trucs de Venom, du Discharge, Amebix et des trucs d’Icons of filth, bien sur aussi les albums de Celtic frost… Il doit y en avoir trop pour tout mentionner, mais ouai… Le vynil c’est bon!

-Les Mp3s à vendre sur des sites web - Je n’ai pas vraiment une super opinion du format Mp3. Je pense que c’est pratique, mais il y a une entière génération d’auditeurs qui n’ont pas une appréciation développée du spectre audio dans son entièreté.

-Le métal rétro - En fait je ne suis pas du tout un gros fan de ce qui est rétro au niveau musical. Je préférerais écouter quelque chose qui n’a pas déjà été fait. Bien que, si le rétro est un aspect d’une création et que le créateur peut apporter quelque chose de neuf, alors je pense que ça pourrait être cool.

-Les banques et les traders - Hahahaaa! Ouai! Bonne addition à cette interview. Les banques et les traders sont des criminels et des cochons. Je veux dire que, bien sur, on ne peut condamner 100% d’une population, mais pour la plupart les banques et les traders sont un parfait exemple de ce qui est pourris dans le monde actuel.

-Les fanzines papier (Des regrets?) - Ouai, le bon vieux temps des fanzines papier ! L' époque a clairement changé, mais c’est cool que des gens continuent de faire des fanzines online, et dans un sens c’est plus intelligent car j’aime beaucoup éviter le gâchis, que ce soit en terme de papier ou d’autre chose… Mais ouai, quand j’étais un grosse et que je pouvais aller dans les petits disquaires indépendants ou les marchands de skates et trouver tous types de fanzines cools du monde entier, c’était assez impressionnant. Maintenant je peux me connecter sur mon ordinateur et discuter avec des gens de l’ex Yougoslavie ou du Vietnam.

-La musique française (Quelque chose à dire?) - Ouai, et bien...... Je trouve qu’il y a de la super musique française. Je suis un gros fan de Gainsbourg, tout comme d’Edith Piaf, mais personne ne peut nier leurs qualités. Au niveau du métal, je penserais à des groupes des années 90 comme Blut aus Nord, Vorkreist, et Anorexia Nervosa, il y a eu beaucoup de trucs cools en provenance de France au fil des années. Tout le monde connaît Treponem Pal et ce qu’ils ont fait. Sinon mon pote Remzi fait un groupe appelé Obszon Geschopf.

-Le harsh noise, le mur du bruit, le bruit blanc et affiliés… - Ouai, comme je l’ai dit j’aime vraiment les choses qui repoussent les limites. En fait j’ai fait des trucs qui prenaient une sorte d’approche de mur du bruit. J’aime beaucoup ce genre de choses car tu as tellement de possibilités. Certaines des choses les plus mélodiques que j’ai faites pourraient être considérées comme du mur du bruit. Mais je dois ajouter que pour chaque projet faisant quelque chose d’intéressant, dans n’importe quel style, il y aura de nombreux autres trucs qui me sembleront chiants et inintéressants.

 

17. Dis-nous en plus sur les projets futurs de SKREW… Y a-t-il quelque chose de spécial à attendre, quelque chose comme du merchandising assez particulier, des rééditions couvertes de sang, des concerts atroces… Merci pour les réponses !

Hahahahaaaaaa! Ouai, d’abord je veux te remercier pour cette interview intéressante et dire qu’on boira un coup quand le groupe passera dans ton coin en France. On est au milieu du processus de mix des nouveaux morceaux, et on crée des vidéos qui leur correspondent. Il y a d’autres choses en cours, mais c’est trop tôt pour en discuter.  Restez connectés pour en savoir plus. On espère sortir notre prochain album durant la nouvelle année… Et tourner pour la vie, et encore et encore!

http://www.myspace.com/skrewofficial

 

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