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INDEX\ INTERVIEWS\ DEAD SEASON
 

METAL / MODERN HEAVY METAL/ THRASH
 


Réponses par Nico (Basse) et Guillaume (Guitare).

 

1. Il y a une petit dizaine d'années, DEAD SEASON étaient assez présents sur la scène du nord pas de calais, puis silence radio... Et vous revoilà avec un premier album! Qu'est-ce qui peut expliquer ce long silence, et qu'est-ce qui vous a motivés à revenir à l'assaut?
Un gout d'inachevé peut-être?

(N): Nous nous serions volontiers passés de cette phase d'hibernation. Elle s'est imposée à nous suite à la défection de divers membres, un grand classique. Suite à une certaine lassitude aussi, puisque avant de sortir cet album, on a tout de même essayé deux fois de l’enregistrer sans succès ( départ très classe en cours d'enregistrement de l'ancien batteur dans un cas, problèmes de santé du chanteur dans l'autre ). Après ces essais infructueux, nous nous sommes tournés vers d'autres horizons mais le goût d'inachevé était trop fort et on a donc toujours gardé Dead Season dans un coin de notre esprit. Puis un beau jour, Guillaume a décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière en demandant à Greg, le batteurr de nous filer un coup de main pour enregistrer une bonne fois pour toutes cet album. On n'avait même pas encore de chanteur à proprement parler, il s'agissait surtout de graver les parties instrumentales. Puis Julien s'est greffé là-dessus, une belle alchimie s'est opérée au sein de ce nouveau line-up, et ça nous a donné envie de remettre le couvert!

 

2. Votre album vient de sortir, certains zines semblent même déjà avoir reçu les CDs promos... Peux-tu nous présenter son contenu?

(N): Alors,
- Prelude to the fall, une petite intro morbide pour mettre dans l'ambiance
- Modernity, le titre le plus brutal, le premier sur lequel Julien a bossé, et dans lequel il se place dans la peau d'un No-life lubrique et crade, ultime rejeton de notre société accro à internet.
- Mighty Bob, qui suit les périgrinations d'un CRS avide de violence, qui ne comprend pas pourquoi sa vie est un désastre.
- From Rust to Dust, métaphore sur les méfaits du libéralisme sauvage.
- Crawling Mediocrity qui décrit les sentiments d'une personne refusant de sombrer dans la médiocrité ambiante.
- Sinking into Oblivion, petit interlude urbain et nostalgique.
- Galley Slaves, un texte comique évoquant les galères qu'a du connaître chaque Zicos cherchant à faire vivre son groupe, dans lequel on rend un hommage appuyé à ce grand bonhomme qu'est Jeff Waters.
- The philosopher, morceau directement influencé par notre grand penseur-révolutionnaire-cinéaste à chemise ouverte, BHL.
- Lust Overload, qui décrit le pétage de plombs macho d'un grand dadais abreuvé d'images explicites.
- Tycoon Safari, petite fable ou Christophe de Margerie et consorts deviennent du gibier de luxe. Puéril mais jouissif.
 


 

3. Cet album est-il composé de nouveaux morceaux, ou contient-il des compositions plus anciennes qui auraient été retravaillées?

(N): Certains des morceaux ont une paire d'années au compteur, et ont été plus ou moins retravaillés. On a surtout procédé à des coupes, la plupart du temps, pour aller à l'essentiel et donner plus d'impact. D'autres fois ce sont de petits arrangements qui ont été ajoutés sur des riffs déjà existants.
En gros, Modernity, Mighty Bob, Tycoon Safari sont des morceaux survivants de la vieille époque. Le plus réarrangé a été Mighty Bob, alors que Modernity n'a quasiment pas changé. Les plus récents, composés juste avant l'enregistrement, sont Crawling, Galley et Lust. From Rust et Philosopher se situent un peu entre les deux.

 

4. Le concept du disque est centré sur les zones industrielles abandonnées de notre région. Ce sont des lieux qui provoquent en vous une certaine nostalgie, des endroits que vous aimez visiter peut-être, ou les avez-vous utilisés pour illustrer un état d'esprit plus global sur la vie? (Le prochain disque parlera-t-il des terrils? AhAh)

(N): Les friches industrielles possèdent des ambiances absolument fantastiques, allant du glauque au sublime. Certaines sont terrassantes de beauté, mais c'est une opinion bien subjective de ptits gars élevés dans le coin. Le travail de Florence, qui est une amie de longue date, nous plaisait énormément car on y retrouvait ce mélange d'émotions qui nous assaille dans ces lieux si particuliers : Nostalgie, anxiété, désespoir, étonnement... Et dans un style pas du tout tape à l'oeil, d'une grande sincérité.
C'était important pour nous d'ancrer visuellement cet album dans la région. Elle nous a donné tellement d'inspiration à travers ces lieux et les tragédies humaines qui s'y sont déroulées, on lui devait bien ça. C'est en tout cas une démarche qui se veut sincère, et qui, je l'espère, sera perçue comme telle.
Pour reprendre une partie de ta question, je pense que ces lieux ont forcément contribué à forger notre manière de voir le monde.
Nous n'avons pas choisi de thème à proprement parler pour le prochain album. Pour celui-ci, il s'est imposé comme une évidence, espérons qu'il en sera de même pour le prochain!
 

         
 

5. Dirais-tu que votre musique est plutôt sombre, réaliste, pessimiste, mélancolique ou torturée?

(G): Il est clair que nous jouons une musique résolument sombre, mais pas pessimiste. Je crois que pour l’ensemble d’entre nous, elle reste une forme d’échappatoire.

 

6. Je trouve dans vos morceaux un côté FORBIDDEN se situant quelque part entre leur 2ème et troisième albums, pour l'ambiance, la façon de composer... Tu confirmes, ou c'est un hasard thrashisant?

(G): Je m’étais intéressé à Forbidden à cause de Tim Calvert qui tenait la deuxième guitare sur Dreaming Neon Black de Nevermore. J’avais accroché sur Twisted into Form mais je n’ai jamais été un grand fan des parties vocales. Certains titres comme « Spiral Depression » sont, à mon sens, magnifiques. Pas de hasard donc, bien que Forbidden ne soit pas une de mes influences majeures.

 

7. Comme groupes qui doivent aussi beaucoup vous plaire, on peut citer TESTAMENT, DEATH pour les albums plus techniques, voir peut-être OPETH ou les vieux METALLICA... Bon c'est bien ces citations de noms, mais est-ce que ce n’est pas un peu ennuyeux par moments de toujours être pris en comparaisons? Qu'aimerais-tu qu'on dise de votre musique au lieu de faire du name-dropping?

(N): Non, ce n'est pas ennuyeux, ces influences sont évidentes pour tous ceux qui ont l'oreille aguerrie. Nous n'avons pas inventé la poudre, d'autant moins que certaines des compos sont très vieilles, avec le bon vieux syndrome du "moi aussi j'veux faire des riffs comme mes idoles". Les influences sont un peu mieux digérées sur les morceaux plus récents je pense.
Ce qui nous fait le plus plaisir, c'est qu'on nous dise que c'est sincère, que ça sort des tripes.
D'une manière générale, toutes les critiques positives font du bien au moral, on fait pas ça pour se prendre des seaux de merde en pleine face à chaque chronique!
 

     


8. NEVERMORE ont plus ou moins implosé, avec un des compositeurs principaux les quittant pour partir en solo... Tu trouves ça triste, ou ça serait logique qu'un groupe subisse des tensions après un long parcours remplis d'albums et de tournées?

(N): Je trouve que c'est un gâchis de talent et j'ai hâte qu'ils se rabibochent.
N'ayant jamais vécu une vraie vie de tournée comme eux, ni enregistré autant, je peux difficilement donner un avis pertinent sur ce sujet... Shit happens, je suppose!

 

9. Quel serait ton album favori de NEVERMORE si tu pouvais, et devais choisir? Et pourquoi?

(N): En ce qui me concerne, dreaming neon black et enemies of reality à égalité... Et j'ai un amour tout particulier pour la chanson the passenger sur Politics of Ecstasy, qui me colle le frisson à chaque fois que je l'entends. Dreaming neon Black a une ambiance morbide à souhait, mais reste toujours très classe et n'est jamais outrancier, c'est vraiment un petit joyau finement ciselé. Et Enemies of Reality parce que c'est un condensé du meilleur de Nevermore : grandiose sans être ampoulé comme ils ont pu l'être par la suite, à fleur de peau et trash en même temps... A l'époque de sa sortie, j'avais été passablement gavé par les gens qui répétaient à l'envi que cet album était naze parce qu'il avait un moins gros son que le précédent. Pour moi, la qualité des compos était telle que je m'en foutais. Je n'ai d'ailleurs jamais acheté le remix.

 

10. Je me souviens d'une époque ou vous aviez du mal à trouver un vocaliste, et que durant plusieurs concerts vous aviez expérimenté avec un chanteur au style moins classique et plus proche de FAITH NO MORE... Penses-tu que c'est une voix sur laquelle vous auriez pu persévérer? Vous semblez finalement avoir trouvé la personne que vous cherchiez, son style colle parfaitement à la musique! Tu peux le présenter? Ce fut difficile de le dégotter?

(N): On aurait effectivement pu persévérer dans cette voie, et il est certain que l'aspect de la musique aurait été radicalement différent, mais pas moins bien pour autant. Mais nous ne faisions pas assez d'effort et/ou n'avions pas assez de bouteille pour comprendre et intégrer nos univers respectifs, ce qui rendait la composition assez conflictuelle et laborieuse... Et y'a un moment où tu souhaites juste que ça avance.
Nous ne remercierons jamais assez Arnaud Ménard, heureux propriétaire du studio Hiroshima (bosse très bien sans te faire un deuxième trou de balle - fin de la pub) de nous avoir mis en contact avec Julien. Après avoir entendu les prises instrumentales, il nous a filé son mail, subodorant que notre zique pouvait lui plaire. Et il a eu du nez, puisque Julien a été très enthousiaste et nous a envoyé un essai sur Modernity dans un temps record ( cet essai est d'ailleurs gardé tel quel sur l'album ).

 

11. Les reprises sont courantes dans les groupes surtout durant les premières années pour se faire la main... Ça vous arrive encore d'en jouer? Si oui quels morceaux? Et sinon, lesquelles jouiez-vous par le passé? (Il faut bien mettre quelque chose dans la réponse )

(G): On a fait pas mal de reprises chacun de nos côtés, mais assez peu avec Dead Season. On reprend un Grip Inc pour le live, « Hostage to Heaven » et dans le passé, on reprenaît Painkiller de Judas. On a deux trois petites idées pour la suite, il faut juste qu’on se mette d’accord.

 

12. Vous vous sentez proches de quels groupes de la région musicalement et/ ou humainement? Quitte à jouer en concerts avec des groupes au style un peu différents, préfériez-vous que ça soit avec certains pratiquant du black metal, du grindcore, voir du rock alternatif ou de l'électro indus?

(G): Et bien je te dirai que nous ne connaissons pas des masses de groupes dans la région dans ce style, à l’exception bien sûr des W.I.L.D. avec qui on va prochainement partager quelques scènes. Je trouve ça intéressant de figurer sur des affiches un peu hétéroclites, toutes proportions gardées, l’essentiel étant que ça se passe bien entre les gens.

 

12. Plusieurs musiciens du groupe ont d'autres projets musicaux, tu peux nous en dire plus?

(G): Et bien, nous sommes tous passé par la case « Ufych » groupe en standby pour l’instant, à l’exception de Julien. Hectic Patterns figure aussi dans le CV de mes complices.
Julien est chanteur dans Further Dimension, groupe trash aux ambiances globalement plus prog que Dead Season, et a fait partie d'Insomny, son bébé, Groupe Trash bourré de riffs fumants. Il a pas mal roulé sa bosse en Haute-Savoie, où il réside.

 

13. Quels sont les futurs projets de DEAD SEASON? Quelque chose à ajouter pour les lecteurs? Libre à toi de conclure.

(G): Nous avons les projets d’un groupe qui souhaite promouvoir la sortie d’un album, à savoir enchainer les dates, manger du km et figurer sur de bonnes affiches. On cherche à se placer sur les festivals d’été et je peux te dire que la concurrence est rude. On cherche aussi à pousser plus loin nos investigations en Europe. Nous avons aussi un projet de clip qui sera réalisé prochainement et une vidéo live qui devrait voir le jour sous peu.
Ne vous inquiétez pas, vous serez prévenus !
J’en profite pour saluer ceux qui nous suivent, à très bientôt sur la route.

http://deadseason.bandcamp.com